La vie de Zhang Zhankui, récits et anecdotes

par lauchircopreyes

Zhang Zhankui (1865-1938)

Zhang Zhankui (1865-1938)

Auteur : Huang Jitao 黄积涛

Zhang Zhankui, surnommé Zhaodong, est né un mois d’août de l’année 1865, soit durant le quatrième été du règne de l’empereur Tongzhi[1], dans le village Hongyan — district Hejian de la préfecture de Cangzhou —, dans la province du Hebei. Vivant à la campagne, le jeune Zhang a passé toute son enfance à travailler la terre et à suivre l’enseignement de l’école Dahongquan.[2] Son maître de boxe, un certain Wang connu de tout le village, avait la réputation de posséder un « corps d’acier ». Jeune, Zhang Zhankui était bienveillant et avait en lui cette force d’âme qui le poussait à se battre contre les injustices, intervenant toujours en faveur de l’offensé : quand des gens venaient chercher querelle au village et que cela dégénérait en bagarre, c’était Zhang Zhankui qui, bravant avec franche audace les échauffourées, allait dénouer les tensions.

Pendant la saison d’automne, trois ans après l’arrivée au pouvoir de l’empereur Guangxu[3], Zhang Zhankui quitte son village natal pour la ville de Tianjin,  afin d’échapper à une terrible sécheresse qui sévissait alors dans le nord du pays. Il y a vendu fruits et légumes, métier qui lui permettait d’assurer son quotidien en ces temps difficiles. Il a fait la connaissance de Li Cunyi [4], qui était originaire du district Shen de la province du Hebei, région directement administrée par les autorités de la dynastie Qing. Zhang et Li sont très vite devenus des amis intimes. Li Cunyi faisant partie de la sixième génération de l’école du Xingyiquan, a ainsi été en mesure de recommander le jeune Zhang à son maître, le représentant de la cinquième génération de l’école du Xingyiquan, le fameux Liu Qilan[5]. En cette période, Liu Qilan et Guo Yunshen[6] étaient considérés comme de puissants représentants du Xingyiquan et leur renommée faisait échos aux quatre coins de l’empire. Ils avaient néanmoins un mode de vie tout à fait opposé ; Guo Yunshen aimait s’aventurer parmi les vagabonds du milieu des arts martiaux [7 ], où il s’est fait la réputation de celui qui « renversait la terre entière avec son coup de poing sur un demi pas » ; Liu Qilan cependant, préférait vivre reclus dans son village et formait des combattants pour le plaisir. Hormis Li Cunyi, Liu Qilan comptait également, parmi ses prestigieux disciples, les talentueux Zhou Mingtai, Geng Jishan, Liu Dianchen et bien d’autres. Zhang Zhankui a fait de prodigieux progrès sous la direction de Liu Qilan et Li Cunyi. Ces derniers, surnommés les « Deux-piliers », étaient reconnus comme les successeurs et représentants de la sixième génération de l’école Xingyi de la branche du Hebei.

7ème  année du règne Guanxu (1881). En pleine chaleur torride de la saison d’été, alors que Zhang continuait son activité de commerce de fruits et légumes à Tianjin, il a été victime d’escroqueries de la part des tyranniques chefs locaux qui, autrefois, contrôlaient le marché. Dispute verbale d’abord, pour en venir violement aux mains ensuite, l’emportement incontrôlé a fait de nombreux blessés dans la bagarre, laquelle a obligé les officiels à lancer un mandat d’arrêt contre Zhang. Heureusement, un haut magistrat qui venait du même bourg que Zhang s’est porté garant, a payé sa mise en liberté sous caution et l’a amené devant celui qui, grâce à son talent militaire a marqué la Chine entière en ces temps, le célèbre fondateur de l’école du Baguazhang : Dong Haichuan[8]. Cependant, à cette époque le vieux Dong vivait ses dernières années et avait le corps affaiblit par le poids des âges. Par conséquent, Zhang a en réalité fait son étude de la technique du Baguazhang sous la direction de Cheng Tinghua[9]. Dong Haichuan est décédé peu après. Devant la tombe de Zhang Zhankui est notamment inscrit que celui-ci a été le disciple de Cheng Tinghua. Enfin, Zhang Zhankui, Yin Fu, Cheng Tinghua, Liu fengchun, Ma Gui, Ma Weiqi, Song Shirong et Liu Dekuan sont ainsi devenus les « huit grands disciples » représentants de la deuxième génération de Baguazhang.

26ème année du règne Guangxu (1900). L’Alliance des huit nations[10] vient d’attaquer et occupe alors la capitale ; Cheng Tinghua y trouvera malencontreusement la mort dans une fusillade. Un jour, les remparts situés à la porte nord de la vieille ville de Tianjin ont pris feu, et la situation se faisait d’autant plus critique et urgente car se trouvaient à l’étage de la fortification un important stock d’armes et de poudre à canon. Zhang Zhankui s’était alors précipité pour grimper jusqu’en haut des remparts. Il a étouffé les combustibles et autres produits inflammables puis les a balancés par-dessus l’enceinte. Le feu une fois éteint, Zhang a sauté d’un bond du haut des murs de l’enceinte, lesquels mesuraient alors près d’une dizaine de mètres de hauteur. Sa bravoure a été de bon augure puisqu’après cet exploit il a reçu en récompense, de la part du magistrat de la ville de Tianjin touché par son courage, l’opportunité d’être recruté en tant que « brigadier ». À la fin de la dynastie Qing, le métier qui consistait à arrêter les hors-la-loi s’apparentait à celui de nos brigades anti-criminelles urbaines modernes. Ces brigadiers étaient spécialement préparés pour faire face à de dangereux meurtriers, souvent armés et sans scrupules, qui n’hésitaient pas à se battre avec opiniâtreté, même poussés jusque dans leurs derniers retranchements. Ainsi,  grâce sa perspicacité, son habilité à traquer la pègre, et en raison du fait qu’il avait pour habitude de souvent faire cavalier seul dans ses opérations, Zhang Zhankui s’est fait une remarquable réputation dans le milieu. Presque tous les habitants de Tianjin le connaissaient en tant que garant de la sécurité du peuple. À cette époque, les organisateurs des florissantes activités du milieu de la scène artistique, notamment le théâtre,  donnaient tous  entrée libre à Zhang Zhankui. Ce n’était rien d’autre, bien sûr, qu’un prétexte pour que Zhang vienne faire régner l’ordre dans ces maisons populaires.

Une fois, lors d’un règlement de compte à l’arme blanche entre deux bandes rivales dans le district de Guanyinhao, alors que les membres d’une des deux bandes n’étaient plus en mesure de se battre et s’étaient avoués vaincu, ceux du clan adverse continuaient de poursuivre les perdants en les frappant animés d’une rare sauvagerie. Zhang Zhankui s’est alors mis en travers de la rue, armé d’une grande perche en bois de frêne, pour barrer la route aux poursuivants. Toute la bande s’est soudainement arrêtée et aucun n’a osé avancer ne serait-ce d’un seul pas ! Une autre fois, durant une patrouille de routine dans une auberge, Zhang Zhankui et son assistant Zhou Yuxiang avaient remarqué un client aux antécédents forts douteux. Au moment où les deux associés sont passés à l’interrogatoire, une personne dans la pièce d’à côté a tout à coup fait retentir un bruit de chargeur de fusil ; l’arme ainsi pointée dans le dos de Zhou, prête à faire feu, Zhang Zhankui n’eut d’autre choix que de trancher le nœud gordien et, d’un  geste franc a poussé Zhou qui, en traversant la porte, a atterri dans la pièce des brigands. Profitant de la situation, Zhang Zhankui s’est jeté d’un bond fulgurant par-dessus Zhou, alors à plat dos sur le sol et, en l’espace d’un clin d’œil, a terrassé la totalité des cinq bandits armés qui se trouvaient devant sur le lit traditionnelle en pierre. Suite à cet exploit, Zhang Zhankui a été promu brigadier-chef et a été nommé responsable des affaires à la tête du bataillon.

Sept ans se sont écoulés depuis l’avènement de la République de Chine (1918). Un artiste d’origine russe dénommé « Kanthal » — dans une tentative de vouloir impressionner les Chinois à travers des démonstrations de force —, se produisait successivement à l’Opéra Minxing de Shanghai, puis au petit jardin de l’hôpital de Tianjin en soulevant d’énormes boules de fer, tirant de lourdes chaînes et brisant des barres d’acier. Le public restait toutefois indifférent à ces tours de foire… Aussi, Kanthal a eu l’idée de s’autoproclamer l’« homme le plus fort du monde » ou encore « celui qui demeure invincible après avoir parcouru la terre entière » ; il a fait paraître ce titre dans les journaux YiyangShuntianshi et Chenzhong avant de prendre la décision de se rendre à Beiping. Evidemment, cela a eu pour effet d’attirer les artistes martiaux, du Nord comme du Sud du pays, et de les faire massivement se rassembler à la ville. Cette fois-ci, l’honneur revenait au disciple de Zhang Zhankui, Han Muxia, de prendre l’initiative de provoquer Kanthal en duel. Aussitôt que Li Cunyi, Zhang Zhankui, Liu Jinqing, et Wang Junchen sont arrivés à Beiping, Zhang Zhankui a néanmoins ressenti quelques doutes quant à la capacité de Han à pouvoir remporter la victoire et, de surcroît, s’inquiétait de la sécurité de son jeune disciple. Ils ont cependant rendu visite à Kanthal, à l’hôtel des Six Nations dans le Quartier des légations de Beiping, afin de se mesurer avec lui et, ainsi, tirer au clair une bonne fois pour toute le fameux secret qui entourait les performances de casses de barres de fer et autres mystères du Russe. Ce dernier a tout d’abord refusé l’invitation au combat, déclarant qu’il désirait une rencontre sur le tapis, dans les règles, et avec décision arbitraire. Prétendant avec ruse que son disciple était bien plus fort que le maître lui-même, Zhang Zhankui a pris la place de Han dans la confrontation. Dès le premier contact, la paume de Zhang Zhankui a percuté le flanc gauche de Kanthal, qui s’est effondré immédiatement sur le sol, pris de convulsions et vomissant à plusieurs reprises ! Le cœur net, Zhang Zhankui a présenté de brèves excuses et s’est empressé de quitter les lieux afin d’éviter de créer davantage d’ennuis.

Le lendemain, Kanthal changeait brusquement les règles du jeu : la  « compétition d’arts martiaux », initialement prévue, a été modifiée en « démonstration d’arts martiaux ». L’indignation la plus totale s’est fait ressentir chez les experts de tous horizons venus de loin. Ces derniers ont exigé le retrait sur-le-champ de cet homme qui se prétendait le « plus fort du monde ». Les combattants les plus audacieux sont montés alors à tour de rôle sur la plateforme de combat pour démontrer leur art et, force a été de constater le manque de courage de Kanthal qui refusait de se présenter pour affronter Han Muxia. Le Russe s’est contenté de faire parvenir un mot d’excuse et s’en est allé sans se retourner. L’événement est paru dans tous les journaux. La nation toute entière était stupéfaite, et le nom de Han Muxia s’est ainsi fait entendre dans tout le pays.

Un an plus tard, soit en 1919, en raison des décevantes activités de certaines écoles d’arts martiaux traditionnelles, l’Ordre des Guerriers de Chine[13] commençait à tomber en désuétude et a été victime du désintéressement de la population. Ajoutons à cela la scabreuse situation qu’avait entraînée l’impétuosité de Han Muxia. Ce dernier avait pris en effet l’initiative de se rendre sur le Mont Jiuhua dans l’intention d’y rencontrer Ying Tianwen, disciple de Dong Haichuan, et étudier à ses côtés la technique de fanbagua [14]. Cela va sans dire que cette décision a suscité l’ire de Zhang Zhankui. A ce moment-là, la tension entre nos deux protagonistes était-elle que, lors d’un échange à mains nues, ni le maître ni le disciple n’avaient eu de pitié l’un pour l’autre. Han, profitant de l’avantage de sa jeunesse, resserrait son jeu sur Zhang et exerçait de la sorte une constante pression sur son opposant ; la riposte de Zhang était contre toute attente : le maître a assené sur la poitrine de son disciple un coup de paume dont la violence provoqua chez ce dernier des vomissements de sang ! Suite à ce combat, Han Muxia s’est séparé de l’Ordre des Guerriers et a créé son propre établissement d’arts martiaux. Plus tard, bien que maître et disciple aient enterré la hache de guerre, l’inscription du nom de Han Muxia sur la bannière de l’Ordre des Guerriers de Chine demeurait purement nominale. Une fois de retour à Tianjin, Zhang Zhankui continuait de former des disciples pour le plaisir. Il a érigé un lieu d’entraînement dans la cour du bâtiment à l’origine tenu par l’Association Internationale de la Jeunesse Chrétienne, dont il occupait la partie sud, et a rebaptisé cette dernière l’Association des Arts Martiaux de Chine.

En ces temps-là, Zhang Zhankui avait déjà finalisé la synthèse du Xingyiquan et du Baguazhang. Il a combiné la force du Xingyiquan, les changements du Baguazhang et l’enseignement secret de la méthode de la longue perche[15] afin que ces trois composantes se réunissent en une seule. Ainsi, indépendamment des écoles traditionnelles du Xingyiquan, lequel fut d’ailleurs renommé « la grande charpente[16] » et du Baguazhang, le système de synthèse de Zhang Zhankui — réputé pour sa férocité et sa puissance —, a été baptisé le « Xingyi-bagua ». L’extrême rapidité et la puissance destructrice des techniques de combat de Zhang Zhankui jouissaient dans le milieu des artistes martiaux d’une brillante réputation. Plusieurs anecdotes viennent témoigner la véracité de ses exploits, lesquels lui ont valu d’être surnommé par ses paires la « Main-éclair ». Parmi les prouesses qui ont fait sa renommée, certaines d’entre-elles ont particulièrement marqué les esprits. Comme par exemple celle de la cérémonie des disciples, durant laquelle Zhang Zhankui a soulevé par-dessous l’aisselle et a fait tournoyer en l’air son disciple Zuo Zhenying[17]; ou bien celle où il a brisé en deux, en la secouant, une grande perche faite dans un épais tronc de frêne…  Une autre histoire nous narre le combat contre un acteur fameux de l’Opéra de Pékin de l’époque du nom de Gao Fu’an. Il était réputé pour ses rôles d’ « acteur martial » et, tout obstiné qu’il était de vouloir se mesurer avec Zhang Zhankui, prétendait de toute part que « même un fin connaisseur de l’art martial ne vaut pas un acteur ramolli ». Lors de la rencontre, Gao Fu’an a surgi de derrière une échelle puis, dans une agilité féline, s’est agrippé brusquement à la natte de Zhang Zhankui. Ce dernier, réagissant d’une vive rotation du corps, a renversé sèchement Gao Fu’an sur le sol avant de le faire rouler jusqu’à l’étage du dessous…

Cette année-là, le « clan du Xingyi-bagua » avait atteint son apogée. La sphère d’influence de cette famille recouvrait tout le Nord du pays et avait pris le monopole de la ville de Tianjin. Chaque maître de boxe qui voulait organiser une quelconque activité d’arts martiaux, de celui qui avait du pouvoir dans le milieu politique jusqu’au petit artiste de rue,  peu importe, chacun se devait d’abord de passer par Zhang Zhankui afin d’en obtenir l’autorisation. Néanmoins, même si certaines personnes avaient coutume de le comparer aux « maîtres despotiques », en réalité, Zhang Zhankui était un homme désintéressé, tolérant, dépourvu d’intentions hégémonistes et toujours prêt à apporter aide et protection aux grands maîtres comme aux artistes martiaux vagabonds. Par exemple, lorsque le jeune Wang Xiangzhai[18], fondateur du Yiquan, s’est rendu à Tianjin afin de chercher du travail, ce dernier est allé directement se présenter à Zhang Zhankui en tant que « disciple de Guo Yunshen ». Zhang Zhankui reconnaissait que l’âge de ses premiers disciples Liu Chaohai, Liu Jiqing, Han Muxia et bien d’autres, était trop avancé pour s’entraîner avec Wang ; il a donc décidé d’envoyer ses jeunes disciples Qiu Zhihe, Miao Chunshe, Gu Xiaochi et Zhao Daoxin étudier avec le jeune Wang le zhanzhuang[19], ainsi que le tuishou [20]. Par la suite, Zhang Zhankui a également accepté que ses jeunes disciples suivent Wang Xiangzhai pour participer à diverses compétitions d’arts martiaux. Zhang Zhankui a fait aussi preuve de tolérance envers le vieux maître Xiao Haibo, autour duquel circulait la rumeur qu’il avait décidé de faire paraître dans la rubrique « Carnet d’histoires des Fleuves et des Lacs » du journal Nouveau Tianjin qu’il était le « disciple de Dong Haichuan ». Cette nouvelle avait irrité les pratiquants de  Baguazhang. Xiao Haibo s’en est allé expliquer de vive voix et en toute sincérité à Zhang Zhankui que cette rumeur n’était qu’une pure invention ; ce dernier s’est alors montré rapidement très compréhensif et a pris sa défense.

Zhang Zhankui a eu d’innombrables disciples. Parmi eux se mélangent inévitablement les disciples directs — ayant été accepté durant les cérémonies rituelles —, avec ceux qui n’ont jamais reçu l’enseignement du maître ou bien seulement via celui de ses meilleurs disciples. De ce fait, on retrouve dans la deuxième génération de Xingyi-bagua des personnes formidables et d’autres médiocres, tant sur le plan du niveau pratique que pédagogique. Cependant, dans la vie quotidienne, aucun d’entre eux n’a utilisé cet art à des fins malintentionnées, ni vanté ses mérites ou fait preuve d’une attitude orgueilleuse. Tous les disciples de cette génération sont des personnes cultivés, élégantes et distinguées. Aussi, vous ne verrez jamais une arme exposée chez eux : elles sont bien soigneusement rangées…

 

Voici une liste contenant le nom des principaux disciples de Zhang Zhankui :

 

Ma Qichang, Ma Dengyun, Wang Bailong, Wang Junchen, Wang Hengsun, Zuo Zhenying, Lu Hongquan, Sun Zuyin, Liu Jinqing, Li Cunfu, Li Shoushan, Li Jianqiu, Li Zhechen, Zhang Yuting, Zhang Hongting, Chen Zhiyi, Qiu Shulin, Wu Jinchen, Miao Chunshe, Qi Susu, Zhou Honggong, Zhao Chengjun, Zhao Daoxin, Jiang Rongqiao, Nan Fuzhou, Yao Fuchun, Gu Xiaochi, Guo Shaoqing, Qian Qingxiang, Qian Shuqiao, Qian Shuchun, Gao Qixiang, Xu Baoming, Chai Fengzhang, Zhang Dianqing, Wen Shiyuan, Han Muxia, Qiu Zhihe, Di Shuzhen, Wei Meiru et bien d’autres.

 

De 1929 à 1934, en réponse à l’invitation du président du Comité Central des Arts Martiaux Chinois Zhang Zhijiang, Zhang Zhankui a été juge et arbitre de la Grande Réunion des Arts Martiaux Chinois de Hangzhou en 1929[21] ; de la rencontre sportive de Shanghai en 1930, de la 17ème réunion des sports du nord du pays à Qingdao en 1933 ; de la 5ème rencontre sportive nationale de Nanjing ; du 2ème examen national d’arts martiaux chinois ainsi que de la 18ème réunion des sports du Nord du pays à Tianjin en 1934. Pour chaque évènement, Zhang Zhijiang en personne s’est chargé d’aller chercher et raccompagner Zhang Zhankui en voiture. Sur les recommandations du vice-président du Comité Central des Arts Martiaux Chinois Li Jinglin, Zhang Zhankui a également fait participer deux de ses plus jeunes et talentueux disciples aux compétitions : Zhao Daoxin et Zhang Dianqing. Ces derniers ont d’ailleurs remporté la victoire à maintes reprises. Le coup de paume de Zhao Daoxin[22] s’est répandu telle une onde de choc dans le milieu à Beijing, Tianjin et Shanghai, et a ainsi été reconnu comme le plus remarquable disciple de Zhang Zhankui.

Lors de la Grande Réunion des Arts Martiaux Chinois de Hangzhou, le président de la compétition Zhang Jingjian avait le pressentiment que, parce qu’ils étaient très nombreux à participer, les boxeurs du Nord sélectionnés repartiraient avec beaucoup de médailles… Ainsi déclara-t-il : « Les boxeurs de la province du Zhejiang n’emporteront pas si facilement de médailles chez eux ». Suite à cette déclaration des conflits ont inévitablement eu lieu entre les artistes martiaux du Nord et du Sud, et un règlement de compte de grande envergure en dehors du tapis commençait à se préparer. Enfin, Zhang Zhankui, alors organisateur de l’événement, a décidé de réagir afin de régler l’histoire et s’en est allé directement voir Zhang Jingqing en lui disant : « Que celui qui a quelque chose à dire vienne me trouver, moi Zhang Zhankui ! ». Cela va sans dire, à partir de ce moment-là, plus personne n’a osé perturber l’événement. En raison de son âge avancé, Zhang Zhankui a été quelque peu handicapé dans la marche, notamment du côté gauche, mais il a conservé jusqu’au soir de sa vie sa force et sa robustesse d’antan.

Un jour, alors qu’il était assis sur sa chaise traditionnelle en bois, il a neutralisé, un par un, deux jeunes pratiquant de boxe anglaise confirmés. Il leur avait demandé de l’attaquer au visage sans retenue et librement. Une autre fois, lors d’une séance photo avec son disciple Qiu Zhihe, Zhang Zhankui, soucieux de démontrer un art authentique et naturel, a préféré la spontanéité aux poses rigides des postures arrangées au préalable. Ainsi, il a permis à son disciple — qu’il considérait comme le plus rapide et le plus agile —, de lancer l’assaut à sa guise. Sachant que le maître avait des difficultés pour marcher, Qiu a pris sournoisement l’initiative de rentrer droit dans ses jambes… Mais, dans l’instant même où le disciple déployait son bras en position basse, Zhang a immédiatement réagis par-dessus en bloquant. Et c’est ainsi que Zhao Daoxin, chargé de photographier, a immortalisé d’un cliché ce précieux moment.

Zhang Zhankui (gauche) et Qiu Zhihe, photo prise par Zhao Daoxin

Zhang Zhankui (gauche) et Qiu Zhihe, photo prise par Zhao Daoxin

Un jour, Zhang Zhankui était au Grand Théâtre de Tianjin en train d’assister à une pièce d’opéra. Il a quitté son siège pendant la pause pour aller aux toilettes et, lorsqu’il était de retour, il s’est aperçu qu’un soldat, un ancien « seigneur de guerre[23] » avait pris sa place. Zhang Zhankui a tenté de s’expliquer poliment, mais vaine était sa courtoisie… Alors de ses deux mains il a soulevé le soldat par les épaules, a fait quelques pas en le portant, puis l’a jeté sur un siège libre tout proche. Les soldats qui accompagnaient le malheureux ainsi que les spectateurs autour étaient complètement stupéfaits…

Après avoir accepté Wu Jinchen comme disciple, Zhao Daoxin suggéra à Zhang Zhankui de « fermer la porte du temple[24] » et de passer ses derniers jours paisiblement auprès de sa famille. Un peu plus tard, il s’est rendu compte que son appétit diminuait et qu’il avait des difficultés pour déglutir. Il a tout d’abord pensé à une simple mauvaise digestion puis, voyant son état s’aggraver, a une fièvre typhoïde. Les jours passaient et la douleur se faisait de plus en plus aigüe, même la soupe ne passait plus. Enfin, les analyses ont révélé qu’il s’agissait en fait d’un cancer de l’œsophage. Un été de la 27ème année de la République de Chine (juillet 1938), cet homme des temps modernes qui a marqué le cercle des arts martiaux laissait derrière lui une vie entière remplie d’exploits. Après sa mort, submergé d’une profonde tristesse, chaque clan de XingyiquanBaguazhang ainsi que d’autres familles venues de tous les milieux de Tianjin ont convoqué une cérémonie solennelle en l’honneur du défunt, puis ont déposé le cercueil de ce dernier au cimetière de Tianjin. À la mémoire de maître Zhang Zhankui !

 

 


[1]Tongzhi 同治 (1856-1875), huitième empereur de la dynastie Qing (1644-1912).

[2]Boxe qui semblerait être une forme avancée du Xiaohongquan  et tirant son origine de la boxe Shaolin,aurait ainsi plusieurs façon d’être écrite, notamment sur son caractère « hong » qui se prononce de la même façon, avec le même ton (deuxième) mais avec une écriture différente à savoir : 鸿, , et . Dans ce texte, l’auteur aurait délibérément choisi le dernier caractère de cette liste pour écrire « hong ».

[3]Né Zaitian  (1871-1908), empereur de Chine de la dynastie Qing de 1875 à 1908.

[4]Li Cunyi 李存义 (1847-1921), dont le pseudonyme était Zhongyuan 忠元, est né à la fin de la dynastie Qing à Shenzhou (aujourd’hui ville de Shenzhou dans la province du Hebei) et originaire du village Nanxiaoying. A l’âge de 20 ans il a étudié le Xingyiquan sous la direction de Liu Qilan 刘奇兰 et de Guo Yunshen 郭云深 , ainsi que le Baguazhang auprès de Dong Haichuan 董海川.

[5]Liu Qilan (1819-1889), était originaire de Shenzhou (Hebei) et était le disciple du « Boxeur-divin » Li Luoneng. Après sa formation il s’est retiré pour vivre en ermite.

[6]Guo Yunshen (1820-1901), de son vrai nom Yusheng, est né à Shenzhou (Hebei) au village Mazhuang et était disciple de Li Luoneng le « Boxeur-divin ».

[7]Huhai 湖海 (litt. lacs et mers), un terme alternatif signifiant l’univers du  jianghu 江湖, (litt. lacs et rivières), signifiant le milieu des maîtres et des artistes martiaux, des vagabonds, parfois des brigands et des charlatans etc. qui ont parfois façonné le wulin avec des histoires réelles ou fictives, lesquelles ont notamment inspiré la littérature dite chevaleresque.

[8]Dong Haichuan (1797 ou 1813-1882), eunuque à la cour des Qing, natif de la province du Hebei, il est considéré comme le fondateur du Baguazhang

[9]Cheng Tinghua (1848-1900), connu sous le prénom de Yingfang, était originaire du village de la famille Cheng du district Shen de la province du Hebei. Il a été le disciple du maître de Baguazhang, Dong Haichuan.

[10]Empire austro-hongrois, France, Empire allemand, Royaume d’Italie, Empire du Japon, Empire de Russie, Royaume-Uni et Etats-Unis, coalisés durant la colonisation de la Chine dans le but d’écraser la Révolte des Boxers.

[11]Beiping 北平 était le nom que portait l’actuelle Beijing (Pékin) de 1928 à 1949. La capitale durant la période républicaine était en effet à l’actuelle ville de Nanjing (Nankin).

[12]Han Muxia (1877- ?), dont le vrai prénom était Jinyong  était le disciple de Zhang Zhankui et de Li Cunyi.

[13]Zhonghua wushi hui 中华武士会 fondé au début de la République de Chine, l’Ordre des Guerriers de Chine figurait parmi la plus grande organisation non-gouvernementale du Nord de la Chine ayant pour but de fédérer les activités martiales de la région.

[14]Technique de Bagua dite « à contre-courant » du système « orthodoxe ». Le terme fan signifiant contraire, renversé, ou anti- etc. est souvent employé dans le nom de certaines techniques par les maîtres d’une lignée souhaitant se démarquer de celle-ci.

[15]Mizhuan ganfa  密传杆法, (litt. l’enseignement secret de la méthode de la longue perche). Pratique de formation du corps, lianfa 练法, à l’aide d’une longue perche (4 mètres) en bois de frêne et qui consiste à renforcer les tendons et développer la force.

[16]Dajia大架, litt. grande charpente.

[17]Voir La création du Luoxuanquan de Huang Jitao.

[18]Voir Les annales de Wang Xiangzhai de Wang Yuxiang et Yu Yongnian.

[19]L’exercice du zhanzhuang consiste à maintenir une posture sans bouger et de rechercher ainsi l’origine du mouvement à partir du non-mouvement et de la quiétude.

[20]Litt. poussée des mains,est un exercice avec partenaire dans lequel les frappes ne sont pas librement admises et qui consiste, tout en gardant les avant-bras collés, à déstructurer l’ossature et à « casser la force » du partenaire pour ensuite pousser ou projeter celui-ci. Il vise à développer la réactivité et la sensibilité du pratiquant.

[21]Le fameux tournoi de 1929, leitai 擂台. Les combats qui se sont déroulés durant ce tournoi, sans protections et quasiment sans règles d’après les textes, ont la réputation d’avoir été particulièrement violents.

 [22]Voir A mon vénérable maître, Zhao Daoxin de Ma Jinyong et En souvenir de Zhao Daoxin de Yu Guoquan.

[23]Les seigneurs de la guerre, junfa 军阀, exerçaient, durant toutes les périodes d’affaiblissement de l’autorité centrale (notamment ici durant la transition dynastie Qing-République), un contrôle sur une partie du territoire au moyen d’une force militaire. L’influence des seigneurs de la guerre n’a disparu qu’après l’avènement de la RPC en 1949.

[24]Se retirer de l’enseignement et arrêter de prendre des disciples. Le guanmen dizi 关门弟子, soit litt. le disciple qui ferme la porte, est souvent considéré comme le dernier disciple du maître, pas toujours spécialement « fort » mais jeune, talentueux rencai 人才 et intelligent congming 聪明 . D’après la tradition, c’est à celui-là que le maître lègue la responsabilité de la transmission.

Texte original :

张占魁生平轶事黄积涛

张占魁,字兆东,同治四平夏(1865.8)生于河北省沧州河涧县鸿雁村。张幼年在家乡务农,并随一位姓王的拳师学习大红拳,王拳师当年以铁身靠称誉乡里。张占魁生性喜好打抱不平,天质善博,家乡一带凡争吵、殴斗事件,他往往挺身而出,予以调解。

绪三年(1877年)秋,华北旱灾,张占魁进天津城求生,后以贩卖瓜果蔬菜为业。结识了直隶深县李存义,并义结金兰。李存义是形意拳第六代嫡传,力荐这位小兄弟拜在他的恩师形意拳第五代嫡传刘奇兰的门下。刘奇兰和郭云深是中国形意拳鼎盛时期的代表人物,郭云深喜爱浪游湖海,以半步崩拳打遍天下;而刘奇兰则恰恰相反,习惯隐居乡间,以培育搏战高手为娱。其知名门徒除李存义外,还有周明泰、耿继善、刘殿琛等。张占魁在刘奇兰和李存义的悉心指点下,进步神速,与李存义一起被誉为河北派形意门第六代的两根支柱
光绪七年(1881年)夏季,张进津门贩卖西瓜时,遇当地市霸的敲诈。初则口角,继而动武,恼怒中出手挫伤多人,受到官府的通缉。幸得一位当知县的同乡托人说情保释,并将张占魁举荐到威震天下的八卦掌始祖董海川的面前,期间董年老体衰,实际上张是随董的高徒程廷华学习八卦掌技法的。不久,董海川溘然长逝。张占魁坟前递帖,程廷华代师收徒。最终,张占魁也与尹福、程廷华、刘凤春、马贵、马维祺、宋世荣和刘德宽并称为八卦掌第二代的八大弟子


光绪二十六年(1900年),八国联军攻占京城,程廷华遭枪击身亡。张占魁回到天津。
日,天津旧城的北门失火,城楼上存储着大量的兵械和火约,急待救援。只见张占魁只身登楼,随即将易燃易爆物纷纷堵掷城下。最后,连人带物从三丈五尺高的城楼上纵身跳下。事后天津知县阮国祯为之动容,特聘请张占魁为天津县衙的马快。清末的缉捕业相当于现代的城市刑警,专门对付那些身怀特技或手持致命武器而有负隅顽抗的凶犯。张占魁习惯于单枪匹马地孤身行动,勋劳卓著。其洞察力与制敌身手在当年的天津卫百姓中几乎尽人皆知。当时繁华的书场戏院也免费对张占魁开放,以借此弹压市井。


一次,官银号一带发生持械群殴,其中一方不敌,败下阵来,而另一方则穷追猛打,张占魁将一根白蜡大杆横街一堵,挡住了追赶者们的去路,众人嘎然止步,无人敢越雷池半步。


一次例行的巡查中,张占魁与助手周玉祥在旅店中发现有一店客来历不明,正拟查问,突听屋里有拉枪栓的响动。张占魁当机立断,朝周的后背骤然发力射击,使周连人带门一起被抛入室内。他则顺势向扑倒的周玉祥身上飞跃而过,眨眼之间,将炕上的五名持枪者全部击垮。由此,张占魁被提升为营处长马快班出班头领。

国七年(1918年),有一个俄裔艺人康泰尔先后在上海民兴剧场及天津天和医院的小花园内表演举铁球,扯铁链等节目后,由于观众反应冷淡,康氏灵机一动,在《益杨报》、《顺天时报》、《晨钟报》上自称世界上第一力士周游四十六国无敌手,并转赴北平,致使南北拳手云集京城。此时,张占魁的高足韩慕侠主动请战,乃决定第一场由韩与康泰尔对阵。


李存义,张占魁,刘晋卿,王俊臣等人进京后,张占魁对自己的徒弟的安危和取胜没有把握,为弄清俄国人拉断铁炼的秘密,到东交民巷六国饭店拜访康泰尔并要求较量.起初康不同意交手, 声言要在赛场上见分晓.张占魁诡称功力不及韩慕侠, 若不能赢己, 就不要与韩对阵了.刚一接触, 张占魁的一掌击中康泰尔的左肋, 导致康胃部痉挛, 狂吐不止.张占魁计已得售, 略加致歉就仓促离开了这是非之地.


翌日康泰尔赛武会改为演武会,各界人士激愤中敦促第一力士出战。各路英雄轮翻上场演武示威。康哪敢与韩慕侠上擂,迫于无奈,寄书致歉,然后一走了之。此事当年震惊全国,北京各报多有刊载。韩慕侠也因此名扬海内。
国八年,中华武士会由于传统武行的宗派恶习而人心涣散。加上韩慕侠自称在九华山寻到董海川的师弟应天文,学的反八卦(掌)技巧,引起张占魁的不满。在一次拳术的切磋中,师弟二人各不相让。韩凭借年轻步步进逼,张占魁突发一掌击中韩的胸侧,使韩呕出一口鲜血。嗣后,韩慕侠脱离武士会另设韩慕侠拳术专馆。虽然张、韩师徒和好如初,可中华武士会这块牌匾却已名存实亡了。
至此,张占魁回到了天津家中已授徒为乐。练功地点设在家宅南侧的基督教青年会大楼,并以中华武术会命名。


此时,张占魁已经完成了形意拳与八卦拳的综合。融形意拳之劲,八卦拳之变和密传杆法三位一体而派生出来,独立于传统的形意拳和八卦掌和以凶悍的劲力著称的形意八卦体系。并且将传统的形意拳改为大架。更以高速和高杀伤的搏技获得了闪电手的雅号而彪炳武坛。


占魁在授徒时曾将门人左振英腾然抖起,凌空旋转。也曾将碗口粗的白蜡树大杆一抖而折。而当时,高福安是有侠伶美誉的著名京剧武生,到处宣称好把式不如烂戏子,执意要与张占魁进行较量,交手之时,高福安轻灵地从梯侧的隐蔽处跳出,猛拽张的辫子。张身手机灵猝然旋身反将他拧翻,滚于楼下。


间,形意八卦族达到了全盛时期。势力覆盖华北,垄断天津。那时的武师,从权术名家到街头艺人,凡想在当地从事有关武术的活动都要经过张占魁的允许。由此,有人指称为赛天霸,其实张毫无霸气,他总是以无私的宽容给那些上至大师下至骗子浪迹武坛的人们予以帮助和庇护。比如,年轻的意拳创始者王芗斋来津谋职,以郭云深的门徒的名义拜会张占魁,张的早期门人刘潮海、刘继卿、韩慕侠等人因年岁的差距不予承认,张占魁却不忌年龄差距与王以兄弟相称,并让自己的晚期门人裘稚和、苗春畲、顾小痴和赵道新随王师叔学习站桩推手,且让这位小师弟伴随着参加各处的拳术大赛。此外,民国二十四年(1935)老拳师肖海波在《新天津报》上所载的《江湖故事记》中被封为董海川的师弟曾惹恼了许多八卦掌拳手,肖向张坦诚道出此事纯系虚构,很快得到了张的谅解及长期保护。


占魁的门徒有数千人,其中必然掺杂着向张行过拜师礼而从未随张学拳或由张的高足代师收徒的人。所以,形意八卦第二代传人的素质和功力是良莠不齐,他们其中有巨子,亦有庸才,但他们在日常生活中皆从不攥拳挺胸,不持勇骄人,家中也看不见十八般兵刃,个个俨然文人风度。在此,列出部分常伴张占魁左右弟子的资料,谨供

参考:
马其昌马登云王伯龙王俊臣
王恒荪左振英卢鸿泉孙祖茵
刘晋卿刘潮海李存付李寿山
李剑秋李哲臣张雨亭张鸿庆
陈质之邱树林武荩臣苗春畲
祁愫素周鸿恭赵承均赵道新
姜容樵南福洲姚馥春顾小痴
郭少卿钱庆祥钱树樵钱树椿
高其祥徐宝铭柴奉璋章殿卿
温士原韩慕侠裘稚和翟树珍
魏美如等等


在1929年的杭州国书游艺大会,1930年的上海市运动会,1933年的青岛第十七届华北运动会、南京第五届全国运动会、第二届国术国考,1934年的天津第十八届华北运动会上,应中央国术馆馆长张之江的邀请,张占魁出任总裁判长或评判委员等职,每次赛事皆有张之江驱车亲自接送。
经国术馆副馆长李景林推荐,张占魁的晚期名徒赵道新和章殿卿执技擅场,屡获优胜。后, 赵道新掌震京津沪,遂成为张占魁闻优秀的学生。
在杭州的游艺大会上,会长张静江因嫌北方的选手获奖太多,声言浙江人是不会让奖牌轻易被带出杭州的。南北拳手发生摩擦,并酝酿大规模的场外私斗., 大会组织者张占魁出面调处和说服, 他找到张静江, 并当中宣称« 谁不服气直接找我张占魁« .某些闹事者们才未敢妄动。
晚年的张占魁年事已高,不过,除了左踩骨有些运动障碍外身体依然健硕。
次,他坐在太师椅上让两名后生随意打击他的面部。拳击许久,竟被一一化解。又一次,他的弟子裘稚和拍摄拳照,他不愿摆姿势而欲动真格的。于是允许这位身手最为快捷的徒弟可以用任何方式攻击。裘自忖师父腿脚不便,于是直取他的下盘,手臂一触,老先生立占优势。卡嚓一声,这个珍贵的瞬间被赵道新摄入了镜头。
一日张在天津和大戏院听戏,中间离座小解,回来后发现座位被一军阀士兵所占。张客气地解释一番无效,乃将士兵从座位上平端起来,走了几步,搁在附近的空座上。士兵和旁观者都惊呆了……


收下了武荩臣为徒后,张占魁听从赵道新的建议关了山门,打算与家人安度晚年。后来,他时常觉得胃口不适,吞咽吃力,起初以为是消化不良。病情加重后又被认为是染上伤寒。再后,疼痛剧烈,汤水不进,被确珍为食道癌。延至民国二十七年仲夏(1938年7月),这位近代武坛风云人物留下了他一生的壮举辞世而去,天津各界与形意八卦掌族沉痛地为他举行了及其隆重的仪式,将他的棺木停放在天津怡园墓地。供人凭吊!