A mon vénérable maître, Zhao Daoxin

par lauchircopreyes

Zhao Daoxin (1907-1990)

Zhao Daoxin (1907-1990)

Auteur : Ma Jinyong 马金镛

Lorsque j’avais 15 ans, alors scolarisé au premier collège du Hebei dans la ville de Tianjin (à présent le troisième collège de la ville de Tianjin), j’adorais l’éducation physique et tout particulièrement le basketball. Avec l’équipe de basket de notre école, nous nous entraînions régulièrement dans les locaux de l’immeuble de l’association de la Jeunesse Chrétienne de la rue de l’Est, lequel est aujourd’hui un foyer pour enfants. Nous partagions souvent la grande salle d’entraînement avec le fondateur de l’« Association de Recherche des Arts Martiaux de Chine »[1], le fameux maître de boxe chinoise, Zhang Zhankui [2]. Un jour, Maître Zhang m’a soudainement fait un geste de la main, puis a demandé à haute voix aux personnes autour de lui :

« Qui est cet agile gamin qui joue au ballon ?

— Ce ne serait pas le neveu de ton disciple Ma Qichang ? Répondit quelqu’un.

— Dis-lui de venir me voir… ».

Par la suite, Maître Zhang n’a pas eu besoin d’insister longtemps pour me convaincre d’arrêter le basket pour étudier la boxe à ses côtés. C’est ainsi que je pénétrais le cercle des arts martiaux, c’était l’année 1930.

Zhang Zhankui, connu aussi sous le pseudonyme de Zhaodong, venait du village de Hongyan du district de Hejian, région autrefois administrée par les autorités de la dynastie Qing[3]. Il a d’abord appris le Xingyiquan de Liu Qilan[4] de la région de Shenzhou, puis a eu ensuite Dong Haichuan [5] pour professeur à Beijing. Cependant, d’après Zhang Zhankui lui-même, le Baguazhang qu’il avait appris venait de Cheng Tinghua [6]. Une fois sa formation achevée, Zhang Zhankui, dit la « Main-éclair », a profondément marqué les esprits dans la ville de Tianjin, tant dans le milieu policier[7] qu’au sein de la population. Au soir de sa vie, il a créé l’Association de Recherche des Arts Martiaux de Chine.

Sous la direction de Zhang Zhankui, j’ai appris principalement la technique du piquan[8]  ainsi que la marche en cercle[9]… Malgré l’amertume de l’entraînement, je tirais un véritable plaisir de cette pratique. Dans le froid glacial du solstice d’hiver, Maître Zhang, assit sur sa chaise dans la cour, ne nous lâchait pas du regard pendant que nous marchions en cercle. Le froid qui me perçait les deux mains me faisait souffrir à mourir. Dès que le Maître nous tournait le dos, nous grimacions de douleur puis, nous faisions comme si de rien n’était en reprenant une expression sérieuse lorsque qu’il nous surveillait de nouveau.

D’après les traditionnelles règles de transmission, je ne pouvais pas devenir le disciple de Maître Zhang ; ce dernier m’a alors orienté en premier lieu vers Liu Jinqing. Ce dernier comptait, avec mon oncle Ma Qichang, parmi ceux qu’on surnommait autrefois dans le milieu de la boxe à Tianjin les « trois chevaux ». Ces trois disciples étaient d’un niveau technique remarquable, sans toutefois oublier l’insolent et célèbre Han Muxia [10], qui était le quatrième disciple. Cependant, un facteur est venu changer l’idée initiale de Maître Zhang de me recommander auprès de Liu Jinqing, pour me présenter finalement à l’un de ces  derniers élèves, Zhao Daoxin[11]. Tout le monde considérait ce dernier comme le « jeune disciple qui avait dépassé le maître » et c’est pour cette raison que Zhang Zhankui a choisi de me présenter à lui. Durant le mois de juillet de l’année 1934, Zhang Zhankui a convoqué une cérémonie traditionnelle durant laquelle il a solennellement fait brûler des bâtonnets d’encens  devant l’icône de Bodhidharma, symbolisant ainsi le rituel d’acceptation. Plus tard, un banquet a été également organisé pour l’occasion dans un restaurant musulman de Tianjin. Sur place étaient présent Qiu Zhihe[12], Wen Shiyuan, Miao Chunzhou, Gu Xiaochi et bien d’autres. Le mois de septembre qui suivait,  j’ai accompagné Zhao Daoxin à Shanghai, où j’occupais un poste de professeur d’éducation physique au collège de Pudong. C’est précisément à cette époque que j’ai commencé mon entraînement au combat sous la direction de Zhao Daoxin.

À Shanghai, Zhao Daoxin a formé de nombreux jeunes dont le niveau de certains sortait vraiment de l’ordinaire. Parmi ses élèves comptait Wu Tianjia, que Zhao Daoxin a sauvé d’une agression par une bande de voyous ; le talentueux Xue Hengyan, recommandé par Zhang Changxin ; Han Xingyuan, fils de Han Yousan, un disciple de Zhang Zhankui. Puis il y a eu également l’excellent pratiquant de l’Ecole Centrale des Arts Martiaux de Chine, Xie Zhixin, qui est devenu l’élève de Zhao Daoxin à la suite d’un match que son père—célèbre escorte[13] du nom de Xie Huanzhang —, a perdu contre ce dernier.

Entre la fin des années 1920 et le début des années 1930, Zhao Daoxin a écrit de nombreuses lettres au gouvernement demandant ainsi une réforme des arts martiaux chinois. Les autorités n’ont toutefois pas tenu compte de sa requête et, bon gré mal gré, sans rien avoir à se reprocher, il persistait dans sa recherche personnelle au sein de son propre cercle relationnel et à la lumière de ses expériences. Il a fondé un système de combat d’une nouvelle époque, et nous étions donc tout naturellement à la fois les premiers bénéficiaires et les produits de ses expériences dans cette recherche. L’enseignement du maître était particulièrement rigoureux. Il était audacieux dans l’élaboration du programme d’entraînement et d’une extrême sévérité dans la mise en application des exercices. Il était pointilleux sur chaque technique, qu’il expliquait avec une grande minutie, n’hésitant pas à les démontrer soi-même à plusieurs reprises. Quel savoureux spectacle d’une grande beauté que d’assister à ses démonstrations ! Nous nous sentions littéralement stimulés par la force, la robustesse, l’esprit et l’énergie de ce savant lorsqu’il mettait son corps en mouvement. Porté par l’enthousiasme après avoir assisté aux démonstrations de Zhao Daoxin, l’artiste martial Zhang Tianxi n’a pu s’empêcher de composer un poème pour lui :

 

Parmi cette multitude d’adeptes, je vous le demande : qui est dans l’authentique Voie ?

Observer sa technicité et écouter sa théorie, c’est comme avoir un maître en face de soi.

 

Concentrés dans le ventre habileté et vivacité,

Rayonnent du bout des doigts tel un halo de lumière ;

En un seul principe se mutent vide et plein, souplesse et dureté,

Voici l’essence même du Yin et du Yang des écoles extraordinaires.

 

Théorie d’une extrême finesse et science d’une profondeur infinie,

Cet art n’est point jeu d’enfants ;

Renforcer ainsi la nation en entraînant corps et esprit,

Et nous retrouverons la puissance d’antan.

 

Faucons et dragons se meuvent du prodigieux, c’est l’apanage ;

Tigres et aigles contemplent et se nourrissent de ce spectacle majestueux. 

Un seul éclat de sa voix traverse vents et nuages ;

Les dix-milles sources englobent ainsi la terre et les cieux. 

 

Entre forme et non-forme : changements ne révélant nulle couleur ;

Entre intention et non-intention : mouvement et quiétude au gré du cœur.

 

À cette époque-là, un journaliste avait pris de nombreux clichés de postures de combat exécutées par Zhao Daoxin. Malheureusement, il ne reste aujourd’hui que quelques photos de mauvaise qualité.

Entre  1936 et 1937, Zhao Daoxin devait retourner à Tianjin en raison du décès de son père. Il m’a ainsi légué la responsabilité de la trésorerie et de l’enseignement dans son école, et m’a suggéré de m’entraîner dur à la technique de la longue perche[14]. Chaque jour, mis à part dormir, manger ou lire, je ne faisais que m’exercer à la longue perche. A son retour à Shanghai, Zhao Daoxin a été grandement surpris des résultats de sa théorie d’entraînement sur mon corps. Mon organisme s’était renforcé ; muscles et tendons étaient d’une qualité excellente ; les mouvements étaient fluides et légers et ma force encore plus explosive. De plus, je ressentais chaque fibre musculaire jusqu’aux poils et pores de la peau et tout réagissait en un éclair de manière très sensible à la moindre intention. J’étais excité rien qu’à l’idée de me confronter avec quelqu’un ou de ressentir l’effet de la douleur sur mon corps… Zhao Daoxin était ravi de ce résultat, si bien que nous continuons à explorer différentes méthodes d’entraînements, y compris l’exercice de la longue perche à deux. Durant les pauses, on s’amusait même à comparer la transformation de nos muscles devant le miroir ! Zhao Daoxin était non seulement une personne d’un haut niveau technique, mais aussi un homme cultivé. En effet, que Zhao Daoxin ait fréquenté un grand nombre d’artiste martiaux à Shanghai n’est plus un secret, cependant, le fait qu’il a eu pour amis d’importants hommes de lettres comme Chen Pinjing ou Liu Weizhi, avec lesquels nous étudions l’art et la culture, reste un fait méconnu. Zhao Daoxin était une personne intelligente et était doté d’une attirance innée pour la culture et la calligraphie, qu’il aimait souvent nous faire partager durant ses leçons. La méthode de gravure des sceaux de calligraphie demandait d’avoir une grande force dans les mains, par conséquent nous étions particulièrement doués et productifs dans ce domaine. En l’espace de dix ans, nous en avons collecté plus d’une centaine. Hélas, tout a été brûlé durant la Révolution Culturelle.

En dépit de son importante notoriété dans le milieu des arts martiaux, Zhao Daoxin était contre les apothéoses et méprisait l’autorité. Il avait notamment refusé de faire partie d’un des « huit guerriers » du roman d’arts martiaux de Jiang Rongqiao[15] intitulé Dangdai wuxia qiren zhuan, « Récits des héros extraordinaires de l’art martial contemporains ». Son élève, Xue Hengyuan, était comme lui. En effet, ce dernier aimait défier les grands experts de l’art martial. Avant un combat, il ne demandait jamais le nom ni le niveau de son opposant ; préférant mourir dans la lutte plutôt que de reculer devant la réputation d’un expert. À cette époque, notre école a été victime d’injures de la part de tous nos confrères du milieu de l’art martial chinois à Shanghai. Ces derniers nous cataloguaient de personnes cruelles et sans règles, et nous reprochaient de posséder un penchant trop exacerbé pour le combat. La réalité était pourtant différente : Zhao Daoxin n’a jamais provoqué de confrontation de manière inconsidérée, et notre école était dépourvue d’incitations sectaires ou de volonté de tromper autrui. Notre professeur était de surcroît quelqu’un de tout à fait ordinaire, dont la personnalité renfermait cette candeur qu’il a toujours su conserver. Un jour, alors que nous étions en train d’assister à des paris sur des combats de grillons dans une maison de jeu, la police a débarqué et a bloqué les portes d’entrée et de sortie de l’établissement. Pensant pourvoir sortir par la porte de derrière, nous nous étions aperçu, une fois devant, que les policiers y avaient solidement attaché une corde pour nous empêcher de l’ouvrir. J’ai décidé subitement d’envoyer un coup dans la porte, ce qui a fait craquer un peu la corde puis, le trésorier de l’école, Yin Yaoting, a immédiatement réagi en  traversant la pièce comme une flèche et a violement percuté la porte pour agrandir davantage le passage. À cet instant, j’ai mis un ultime coup dans la porte qui, cette fois-ci, a fait entièrement céder le lien. Complètement dérouté, le policier qui tenait la corde a été entrainé vers l’intérieur et Xue Hengyuan en a profité pour le jeter sur des paniers traditionnels en bois destinés à contenir de l’huile. Nous avons ensuite quitté les lieux chacun de son côté. Toutefois, ce n’est qu’après le tumulte que nous avons réalisé que Zhao Daoxin avait disparu… Nous avons su un peu plus tard que ce dernier était en réalité déjà sorti, tranquillement et la tête haute, par la porte d’entrée de la maison, sans que les policiers aient osé l’en empêcher.

En 1939, je suis retourné à Tianjin en raison du décès de  ma grande sœur. J’ai accompagné les derniers jours de Zhang Zhankui, qui était déjà gravement malade, et ce dernier succombait à sa maladie l’été de cette même année. Une grande cérémonie solennelle dans laquelle ont participé de nombreux représentants de différents courants de boxe a été organisée à Tianjin. La Deuxième Guerre Mondiale éclatait juste après et j’ai été engagé dans l’armée où j’occupais un poste dans une maison de correction à Beijing. Je menais en ces temps une vie difficile et d’errance. J’ai quitté l’armée à la fin de l’année 1941 après avoir relâché plus d’une centaine de prisonnier de guerre de la Nouvelle Quatrième Armée[16]. Au début de l’année 1942, j’ai accompagné Zhao Daoxin rendre visite à Huang Kecheng de la troisième division de la Nouvelle Quatrième Armée. Cependant, j’ai contracté la fièvre typhoïde en chemin et Zhao n’a eu d’autre choix que de rentrer à Tianjin. Quant à moi, j’avais décidé de me rendre chez Xue Hengyan à Zhenjiang dans la province du Jiangsu afin de me soigner. Après mon rétablissement, je suis resté à Zhenjiang à passer mes journées à lire et m’entraîner, et ce jusqu’en 1945, date à laquelle l’armée japonaise a capitulé.

En 1945, Maître Zhao est retourné travailler à Shanghai, tandis que je rentrais à Tianjin pour gagner ma vie. J’ai été alors représentant de l’Assemblée Nationale du gouvernement républicain de l’époque jusqu’en septembre de l’année 1947. Après concertation avec Wen Shiyuan, disciple de Zhang Zhankui, nous avons décidé de réinstaurer l’Association de Recherche des Arts Martiaux de Chine créé par ce dernier. Qiu Zhihe a investi des fonds dans l’association, et l’enseigne de celle-ci a été accrochée à la Maison de la Culture au sud de la ville de Tianjin. Wen Shiyuan a été élu directeur responsable de l’association, Zhang Yuanzhai (le second fils de Zhang Zhankui) vice-directeur et moi-même responsable administratif de l’enseignement. Qiu Zhihe, Miao Chunzi, Gu Xiaochi, Lin Zishang, Cao Naiyu, Gao Kechang et bien d’autres ont tous été membres du conseil. Parmi les étudiants l’association comptaient Chen Huanxin, Liu Jiazhen, Zhou Shutang, Gao Chongwu, Sun Naiyang, la liste est longue… Lors de son retour à Tianjin, Zhao Daoxin a immédiatement été sollicité pour tenir un poste officiel de responsable dans la direction technique et administrative de l’enseignement. À partir de l’année 1950, j’ai travaillé dans diverses branches dont la production céréalière, la finance, l’aide sociale ainsi que dans les laveries de vêtements…  Un ulcère à l’estomac m’a fait tomber gravement malade durant la Révolution Culturelle et je restais ainsi à la maison pour me soigner. Après que Maître Zhao ait quitté son emploi à Shanghai, notre existence a été particulièrement précaire. Afin d’entretenir sa famille, il a occupé différents métiers comme chauffeur-assistant, graveur de caractères, vitrier ainsi qu’il allait également aider son petit frère qui tenait un stand dans la rue. Alors que nous étions déjà très attristés des pratiques de combat hérité de la période républicaine, il ne nous restait plus qu’à suivre la position de Zhao Daoxin, autrement dit abandonner complètement la pratique du combat et nous tenir loin à l’écart de la voie des arts martiaux durant toute la Révolution Culturelle. Pendant cette phase de l’histoire, nous avons décliné les invitations du Centre de Recherche de Médecine Chinoise de l’hôpital de Baoding, des associations de Taiji du Japon[17], ainsi que diverses invitations dont le but était de se rendre à Beijing, Shanghai et Hong-Kong pour dispenser des cours sur l’art de la boxe.

En 1964, Qiu Zhihe, alors retraité, est rentré à Tianjin. Ce dernier a présenté, d’une part, à Zhao Daoxin son manuscrit sur l’art qu’il venait de mettre au point — lequel portait le nom de Luoxuanquan [18]—, et d’autre part il a incité Maître Zhao à créer sa propre boxe. Avec mon professeur nous apportions avec sérieux critiques et suggestions pour la nouvelle boxe de Maître Qiu, cependant, Zhao Daoxin n’avait guère le temps de se consacrer à l’élaboration d’un nouveau style. En 1973, souffrant d’une pathologie bénigne de thrombophlébite cérébrale, Maître Zhao est resté en convalescence chez lui afin de se soigner et a pu ainsi se plonger dans la création de sa nouvelle boxe. Le combat était au cœur de sa recherche et il s’appliquait à élaborer l’entraînement le plus adéquat pour devenir plus puissant, plus précis, plus rapide et plus explosif en cultivant force et esprit guerrier en vue de littéralement détruire n’importe quel ennemi. Initialement, la création de la boxe de Zhao Daoxin avait pour objet de concrétiser — par des exemples en combat réel —, la mise en jeu abstraite des « forces » du Xingyi-bagua de Zhang Zhankui et dont les exemples pour chaque technique aboutissaient à de nouvelles combinaisons de force. Toutefois, étant donné que pendant la Révolution Culturelle la pratique du combat était absolument interdite, ainsi que nous avions tous eu l’expérience du combat sur le ring, nous appartenons de ce fait à une autre génération bien différente de celle qui se formait à cette époque, et il a été très difficile d’échapper à toute forme de conspiration en cette « période complexe de l’histoire ». Par conséquent, afin d’éviter d’ « inciter la nouvelle génération de la patrie à se battre », Maître Zhao devait dissimuler la théorie de sa nouvelle boxe en cachant les techniques de combat au sein d’une magnifique et élégante forme alternant dureté et souplesse. Même s’il a enseigné son programme d’entraînement à des dizaines d’élèves sur plusieurs décennies, dont des étudiants tels que Li Changjiu qui l’ont suivi pendant de nombreuses années, beaucoup d’entre eux ne comprenaient pas le sens des applications. Dans les années 80, les experts en arts martiaux se sont opposés violemment à la nouvelle tendance Changquan et à la simplification du Taijiquan dépourvu de toute combativité. À l’étranger par contre, l’art du combat et quelques écoles de boxes chinoises qui ont été étouffés commençaient progressivement à être appréciées tandis qu’au même moment la Chine développait à peine les premières compétitions de sanda [19]et de tuishou [20]. Las des tabous de la société sur la boxe qu’il affectionnait tant, Zhao Daoxin n’en perdait pas pour autant sa nature combative et a conclu sa recherche dans l’art de combattre en attribuant à son art le nom de Xinhuizhan. Aujourd’hui, nous sommes heureux de constater que l’engouement, ainsi que le nombre de personnes souhaitant s’investir dans l’étude du Xinhuizhang augmentent progressivement. J’espère de tout cœur recevoir l’attention davantage d’amis et de pratiquants afin de continuer à peaufiner cet art. Cependant, je n’espère pas voir le Xinhuizhang être utilisé pour en retirer des bénéfices personnels, être sujet à des interprétations personnelles ou bien intégré à d’autres systèmes de boxe. En effet, Maître Zhao s’exprimait en ces termes sur le sujet : « Le Xinhuizhang n’appartient ni ne provient d’aucune école de boxe ». À cette époque, Maître Zhao n’a pas accepté d’enseigner à mes élèves, de ce fait j’ai été en charge de leur enseigner les bases de la méthode de combat du Xinhuizhang, en m’adaptant selon les différentes motivations, conditions et expériences de chacun. D’après l’ordre chronologique d’enseignement j’ai eu pour élève Zhang Hongjun, Zhang Hongbiao, Zhang Shuiping, Chen Lei, Huang Jitao, Li Xinxian, Shao Minqiang et Xu Guangyi. Une partie de ces derniers ont néanmoins reçu l’enseignement direct de Zhao Daoxin.

Dans le milieu des années 80, Maître Zhao m’a parlé de son projet de vouloir faire de sa boxe un système complet et finalisé. En 1985, Huang Jitao a arrangé une partie de la thèse manuscrite de Maître Zhao, l’a imprimé et a publié un ouvrage s’intitulant Daoxin quanshu luncong,  « Recueil de l’art de la boxe de Daoxin ». Plus tard, l’ouvrage a été intégré par Huo Zhenhuan de Hong-kong dans le livre Yiquan huizong : Daoxin quanlun, « Le corpus du Yiquan : théorie de la boxe de Daoxin ». Bien que Maître Zhao fût satisfait de la version finale arrangée de son « recueil »,  à partir de ses démonstrations et explications plus poussées, il apparait que ce « recueil » ne soit pas entièrement représentatif de la véritable pensée de Zhao Daoxin sur la théorie des arts martiaux, ainsi qu’il en va de même pour les principes techniques.  En 1987, le directeur de la maison d’édition Tianjin shizi, Monsieur Li Kejian, avait pour projet de solliciter une équipe de travail dirigée par Huang Jitao afin de finaliser les arrangements du recueil, néanmoins ce dernier en pleine écriture de thèse pour son doctorat ne pouvait s’attaquer à un tel projet. L’année 1989, Monsieur Chun a rejoint son second fils en Mongolie Intérieure et est décédé l’année suivante.

Le Xinhuizhang a, d’une certaine manière, tenté d’être un art martial chinois à l’approche scientifique. Depuis ses débuts, lorsqu’il était jeune, Zhao Daoxin a abandonné les concepts aux caractéristiques purement traditionnelles chinoises comme les notions d’intention, yi ; du souffle, qi ; d’esprit, shen ; de vide, xu ; des Cinq Phases, Wuxing, ainsi que les Huit Trigrammes, bagua. En effet, tout cela était trop obscur et complexe pour expliquer la théorie du combat. Des concepts qu’il a remplacé par des principes provenant de la physiologie du corps humain, de la psychologie du combat et du potentiel de réactivité abandonnant ainsi croyances et superstitions des maîtres du passé afin de mieux étudier les conduites et la nature de l’être humain.  Mise à part l’apprentissage de la forme qui constitue la première étape, l’entraînement de la force et du combat se veut être le cœur de l’étude du Xinhuizhang qui, bien qu’il englobe une dimension scientifique, le style laisse toutefois de côté un grand nombre de problèmes irrésolus. Huang Jitao a proposé qu’une fois ses études terminées il reprendrait la lecture et l’arrangement du recueil. À l’origine, je pensais qu’afin que la technique puisse se transmettre de manière correct il fallait seulement la transmettre à quelques élèves. Cependant, mes proches m’ont rappelé que, dans la société actuelle, continuer d’entretenir un système de transmission traditionnelle d’une école n’aurait que pour résultat la disparition de cette dernière. Une chose de valeur et de qualité doit appartenir à l’humanité toute entière, et ainsi pouvoir profiter à tous les passionnés.  De ce fait, en compagnie de Huang Jitao, nous avons entamé une mise en ordre détaillée des écrits de Maître Zhao en rajoutant des explications et des commentaires sur ce que nous avions reçu durant les leçons de ce dernier. Ainsi, paru dans le magazine Wu Hun, le Xiandai quanshu qishilu — le « Registre des révélations de l’art de la boxe moderne » —, pour lequel nous avons reçu le chaleureux soutien de la part des éditeurs. Plus tard, des articles comme « Points vitaux », « Théorie de la force explosive »,  « L’art de frapper à la vitesse de l’éclair » ou encore « Dialogue entre deux grands système d’art martiaux » ont eu un impact non sans importance dans le milieu des arts martiaux. À l’heure actuelle, la théorie de Maître Zhao est toujours en cours de rédaction et sa recherche continue. Enfin, au travers d’ouvrages, supports vidéo ou grâce à tout autre type de communication et d’information que la modernité pourra mettre à notre disposition, nous nous efforcerons dans l’avenir, en nous appuyant sur les progrès techniques et technologiques de la science, de rechercher toujours plus en profondeur l’art de la boxe de Maître Zhao Daoxin.

 


[1]Zhonghua guoshu yanjiuhui 中华国术研究会.

[2]Voir La vie de Zhang Zhankui de Huang Jitao.

[3]Qing , dynastie mandchou qui a régné sur la Chine de 1644 à 1911.

[4]Liu Qilan (1819-1889), était originaire de Shenzhou (Hebei) et était le disciple du « Boxeur-divin » Li Luoneng. Après sa formation il s’est retiré pour vivre en ermite.

[5] Dong Haichuan (1797 ou 1813-1882), eunuque à la cour des Qing, natif de la province du Hebei, il est considéré comme le fondateur du Baguazhang

[6] Cheng Tinghua (1848-1900), connu sous le prénom de Yingfang, était originaire du village de la famille Cheng du district Shen de la province du Hebei. Il était le disciple du maître de Baguazhang, Dong Haichuan.

[7] Voir le passage dans lequel Zhang Zhankui a été brigadier dans la ville de Tianjin dans La Vie de Zhang Zhankui de Huang Jitao.

[8] Piquan 劈拳 ; première technique de « fendre » ou « couper » avec le tranchant de la main dans l’apprentissage du Xingyi.

[9] Zoujuan litt. marche en cercle, exercice de déplacement fondamental du Baguazhang.

[10] Han Muxia (1877- ?), dont le vrai prénom était Jinyong  a été le disciple de Zhang Zhankui et de Li Cunyi.

[11] Voir également En mémoire de Zhao Daoxin de Yu Guoquan.

[12] Voir La création du Luoxuanquan de Huang Jitao.

[13] Biaoju 镖局, sociétés privées de sécurité et d’escorte activent à partir de la fin de la dynastie Ming (1368-1644) jusqu’au début de la République de Chine (1912-1949).

[14] Daganzi 大杆子, pratique de formation du corps, lianfa 练法, à l’aide d’une longue perche (4 mètres) en bois de frêne et qui consiste à renforcer les tendons et à développer la force.

[15] Auteur de nombreux ouvrages sur le Xingyiquan notamment le Xingyi zashi chui bashi quan hekan 形意杂式捶八式拳合刊 ainsi que le Xingyi muquan 形意母拳.

[16]Unité commandée par le Parti Communiste Chinois au sein de l’Armée Nationale Révolutionnaire de la République de Chine.

[17] Riben Taiji xihui 日本太极协会.

[18] Voir La création du Luoxuanquan de Huang Jitao.

[19] Traduit par «  combat libre », le sanda est la standardisation officialisée en Chine au début des années 80 — en vue d’une adaptation aux compétitions sportives —, d’une composante de la pratique des arts martiaux chinois en général à savoir le sanshou 散手 (litt. dispersion des mains). Ce dernier est un exercice de combat au cours duquel deux partenaires s’affrontent à coups de poings, de pieds et projections au sol avec ou sans protection et dans des règles définies au préalable par le maître ou les deux antagonistes. La pratique du sanshou diffère selon les écoles (spécificité technique) contrairement au sanda dans lequel les techniques ont subies une codification très précise s’inspirant des sports de combats dits occidentaux (boxe anglaise, kick-boxing etc.) tout en conservant certaines notions chinoises (projections et techniques de jambes entres autres).

[20] Litt. poussée des mains,est unexercice avec partenaire dans lequel les frappes ne sont pas librement admises et qui consiste, tout en gardant les avant-bras collés, à déstructurer l’ossature et à « casser la force » du partenaire pour ensuite pousser ou projeter celui-ci. Il vise à développer la réactivité et la sensibilité du pratiquant pour aborder ensuite le sanshou (voir note 19).

Texte original :

我的恩师赵道新马金镛  

      十五岁在天津市河北第一中学(现天津第三中学)上学的时候,非常喜欢体育,尤其爱打篮球。我们学校的篮球队经常在东马路的基督教青年会大楼(现天津市少年) 内训练,常常与国术名士张占魁开办的中华国术研究社训练班共用一个大厅。有一天,张老先生突然用手指着我,大声问他周围的人:那个玩球挺灵活的小孩是谁呀?”他不就是您徒弟马骐昌的侄儿吗。周围的人答道。叫他到这边来……”随后老先生用不容辩驳的口吻要求我放弃篮球,随他学武。就这样,我便走进了武术,时间是1930年。

张占魁,字兆东。直隶河间府后鸿雁村人。先从深州的刘奇兰学形意拳,后拜京城的董海川为师,按老先生的说法:他的八卦掌实际上是随程廷华练就的.艺成后在天津任马快,捉匪缉盗,镇慑地霸,在清末他以搏技精湛享誉天津警事界和民间,素有闪电手之称。晚年创办中华国术研究社。  

     我随张占魁老先生打劈拳、走圈……十分苦,也十分兴奋.比如,在数九寒冬,老先生搬把椅子当院一坐,眼盯着他的孙子张培武和我转八卦.我俩的手被冻得钻心疼痛,每当我们走转到脸背着老先生时,总要呲牙咧嘴作出痛苦的表情,一旦转到面向着老先生时,立刻改换成一副认真而超然的面孔。  

     由于我的叔叔马骐昌是张老先生的爱徒,且为天津拳界的三匹马之一。按传统的辈分习俗,我不能成为老先生的弟子。起先,老先生准备推荐我拜刘晋卿先生为师,老先生的这位三徒弟刘晋卿摹艺高超,不逊于四徒弟著名的韩慕侠先生。但后来,老先生晚年的学生赵道新异军突起,连刘晋卿等老先生的早期名徒们也坦率地承认青胜于蓝,所以,老先生最终决定命我拜赵道新先生为师。19347月在张占魁家举行了颇有传统特色的仪式,老先生为达摩圣像敬香,在座的有裘稚和、温士源,苗春宙、顾小痴等,后在天津清真会宾楼设宴庆典。随后的9月间,我随赵老师赶赶上海,在上海浦东中学任体育教师,并开始了格斗训练。  

     上海,赵老师教了许多年轻人,其中不乏出类拔萃者。比如,在我之前,有被老师从流氓瘪三的围攻中救出的吴天甲、由张长信先生推荐的他自己的高材生薛恒源。后来,又有张占魁学生韩友三之子韩星垣,还有中央国术馆优等生解之信,因他的父亲名镖解焕章被老师所败,尊父命前来投师。  

     二十年代末和三十年代初,赵老师多次投书撰文给官方,要求改革中国武术,但皆遭到漠视。不得已,才在自己的圈子里,潜心研究,大胆试验,力图构建无愧于时代的格斗体系,而我们这些人自然也就成了这项研究的受益者和实验品。  

     老师的教学是极其严谨的。他在训练计划的制定上相当大胆,但在训练计划的执行上却又极端严格.对于每一种技术,他都要细致地讲解,反复地演示,并以身试劲.观赏他的实作真是一种美的享受;同时象注入了兴奋剂一样,使从学者力健神烁。拳士张天锡在看完赵老师的拳术演示后,按撩不住激情,当即赋诗一首。  

     现抄录其中部分诗句如下:  

及门何止千万人,试问谁能得其真。  

观君技艺听君论,恍如吾师在眼前。  

灵机活泼藏腹内,神光离合绕指巅。  

刚柔虚实通易理,阴阳消息近奇门。  

此中说理极精细,绝大学问非儿戏。  

第一强国兼强种,练好身体犹其次。  

鹘落龙潜运神奇,鹰瞻虎视蓄威势。  

一声叱诧走风云,万泉包罗小天地。  

变化莫测形无形,动静随心意无意。

……   

     当年,海通社记者为老师拍摄了几百张拳姿,可惜今天仅剩下了部分质量较低的照片。  

      1936-937年间老师因其父逝世而回津,之前,让我在税专学校代他授拳,并嘱我勤苦操练他新创的一套杆术训练。每日,我除了食宿外,不是读书就是操杆。待老师返回上海时,他惊奇地看到了他的训练方式在我身上所产生的功效,肌体饱涨、肌质优良、运作轻灵、炸力强劲,而且感觉浑身每一根肌束和毛孔都能随着意念的闪动而突然兴奋起来,亢奋得向往着与人搏斗,甚至想望自身疼痛的体验……老师高兴极了,随后他也与我一起抖杆,并不断探索和进行其它的训练,休息时师生俩还经常站在大镜子前比较肌肉。赵老师非但善武,而且能文。在上海,他与武术界人士交往不密,但却终日与当时的文化名流为伴,如燕南道人陈聘卿、上海三绝李微之等人,我们在一起探究国文与艺术。赵老师天资聪颖,在税专学校他除了教拳外,还经常代授国文课程。在书法方面,我们学练书法,老师临汉、魏碑,我临汉碑。在篆刻方面,我们喜欢西泠八家,并擅长无刻床的篆刻,因为此法需要很大的手劲。每次治印都要加盖到一本小册子上,数十年来已积累了百余枚印章,只可惜后来统统毁于文化大革命的焚火之中。  

     老师虽在国术界声望很高,但他反对神化、藐视权威。他拒绝姜容樵在小说《当代武侠奇人传》中将他列入后八侠。他的学生薛恒源象他一样,专打名手大师.,较量前从不问对方的名望、地位,宁可掌下战死,不在名下惧退。当时的国术同行都骂我们师徒在上海滩上好勇斗狠。可实际上,老师和我们从来都是手不轻动的,不被门派唆使,不仗艺欺人。老师也和普通人一样,具有一颗未泯的童心。一次,我们师徒数人在参加带有一些赌博性质的蟋蟀斗咬时,警察封锁了前院后门。我们来到后门发现门已用绳栓紧并被人死死地拉住。我猛然发力将门拽开一道缝隙,税专学校的尹耀庭象箭一般地夺缝而逃,我再次发力将门破坏掉,那位拽绳的警士也迷迷糊糊地同时被绳子拉了进来,薛恒源迅速把那人抄起,塞进了油篓,而后我们撤离了现场,事后发现赵老师不见了。原来他昂首挺胸信步从前门走出,在场的巡捕未敢阻拦。  

     1939年我因姐逝而回津,时年,张占魁先生病重,我留下来照料病人,至夏季,张老先生病逝,天津各界为他举行了大规模的送葬仪式。其后,第二次世界大战爆发,我在北平集团军和感化院工作,过着紧张而飘泊的生活。1941年底,我释放了一百多名在押的新四军战俘后辞职。先到上海,然后回天津。1942年初与老师赴黄克诚的新四军第三师处做生意,途中我感染了伤寒,老师只得返回天津,我到江苏镇江薛恒源处养病,愈后仍留在镇江练拳、读书,直到1945年日本投降。  

     1945年,赵老师回上海工作,而我回津做生意糊口。到19479月,我与当时的国大代表,老先生的弟子温士源先生商议,拟重新恢复张老先生中华国术研究社,后由裘稚和出资,在天津南市文化大楼挂起了社牌。温士源任社长,张远斋(老先生的次子)为副社长,我担任教务主任,裘稚和、苗春自、顾小痴、林子上、曹乃余、高克昌等人为理事。学生有陈焕新、刘嘉桢、周树堂、高崇武、孙乃扬等人。随即请赵老师辞公职.回津,接任教务主任之职。  

     1950 年后,我在粮食、信托、福利公司和洗衣店工作。文革期间患胃溃疡在家养病。赵老师自从辞去了上海的工作后,生活日渐清贫。为了养家,司机助手、刻字、玻璃工样样干过,还帮助弟弟赵道中在街头摆摊,因为慨叹于民国时期遗留下来的武道恶风且无力反击,文革前后,我们只好随老师放弃武道,远离武林了。期间,我们谢辞了保定中医研究院、日本太极协会,京津、香港等地许许多多的邀请。  

     1964 年裘稚和先生退休回津,带回来了两路由他创编的螺旋拳,并催促赵老师创造自已的拳术。老师与我认真地对螺旋拳进行了观摩与评价,但在当时老师却无闲造拳。时至1973年,老师患轻度的脑血管病在家疗养,闲时潜心创作,他认为以拳搏人的中心课题是劲力,斗士的一切精神、功力、智巧等均是为了更强、更准、更省地通过劲力来摧毁敌手。所以,创拳的初期是把老先生的形意八卦中抽象的用具体的战斗实例来形象化,且如果再将每一个实例抽出来单操,又可成为各种劲力的一种训练。但是,在文革期间,技击是被绝对禁止的,况且象我们这些在拳台上经历了不同时代的人是很难逃避历史复杂等嫌疑的。为了避免成为挑唆祖国下一代人打架的教唆犯,老师在拳术创作的形式上进行了极大的隐蔽,他将这些初级的格斗与训练藏匿在一路刚柔相济优美的套路中。即使随他习划套路十几载或数十年的学生,许多人亦不知道其中的技击蕴涵。在从学者中,与老师长期相伴的有李长久等。  

     十年代,民间拳师激烈抨击流行长拳与简化太极拳的非技击性,海外搏术和一些被压抑的国术逐渐受到青睐,同时国家试行散打与推手比赛。社会禁忌的宽松唤回了老师热爱技击的天性,促使他以自己总结的格斗训练与打击技术改变心会掌,使之实战化。今天,我们高兴地看到学习心会掌和要求学习心会掌的人日渐增长,我衷心的盼望能有更多的朋友关心、学练和改进心会掌,但我不希望有人为自己的利益而有意手心会掌纳入他们自己或某一拳派的轨道。老师曾经说过:心会掌既不属于任何拳派,也不生于任何拳派。当时赵老师只肯将实战性心会掌法授与我的学生,而在学习此类技法之前都是由我给每个学员打的基础,并根据他们的具体条件和兴趣进行不同的试验。而我的学生,按习练时间顺序排列,有张鸿骏、张鸿彪、张水平、陈雷、黄积涛、林心宪、邵民强和续光宜,部分学生亦得到赵道新老师的亲传。  

     八十年代中期,赵老师与我商议拟将此拳学系统为一个完整的体系。1985年由黄积涛执笔初步将老师的部分论文进行了整理,复印成册,名为《道新拳术论丛》,后被收入香港霍震寰等人的《意拳汇宗(道新论拳)》中,虽然老师对该《论丛》的整理水平颇为赞赏,但通过老师的进一步讲解与示范,感到《论丛》还未能真正地反映出赵道新武学思想、原理及技术。1987年《天津市志》编写组的领导李克简先生打算抽出一个写作班子专门为此进行整理,还是由黄积涛主笔,但因他正报考研究生而耽搁了下来。1989年春老师到内蒙次子家居住,直至1990在内蒙古海渤湾逝世。  

     心会掌是东方武技走向科学的一种尝试。老师年轻时就扬弃了意、气、神,虚、五行、八卦等东方经典对搏斗方法含糊的解释,而代之以对人体生理、心理的搏斗潜力的关注;抛弃了对祖宗大师的迷信,代之以对人性与人的行为的关注。心会掌除早期的套路包装外,是一种以格斗劲力训练为核心的学术范畴,同时给后人留下了许多未解的课题。毕业后的黄积涛建议我继续该拳学的整理工作。我起初觉得只要传授几个学生,能使该技留传下去即可。但我的家人提醒我:在当今社会,只靠传统的局部传习方式只能导致技艺衰败与失传,一个好的东西必须属于全人类,使所有喜爱它的人受益。于是,我与黄积涛共同将老师的文稿重新进行了更加详尽的整理,并溶入了老师授拳时的解说。初稿《现代拳术启示录》试投《武魂》杂志,即得各位编辑的热情支持,进而《点穴》,《爆发论》、《瞬击术》、《关于两大武术体系的对话》等文章投石拳坛,并击起阵阵波澜。  

     现在,老师的其它论著正在整理,老师的拳技正在研究。今后,我们力图以先进的科技手段对此拳学进行纵深的研究和改进,并利用刊物、书籍、录像、光盘、信息高速公路等各种媒体进行广泛的传播。

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